Association TDAH elpos Suisse

« Je vois plusieurs pistes de solution là où la plupart ne remarquent même pas qu'il y a un problème. »

Témoignage d'une coach directement concernée | Ondine Riesen

Atteindre ses objectifs grâce à la « Mindful Self-Discipline » et à un soutien externe.

Ce qui me demande le plus d'énergie concerne les dépendances non résolues. Par exemple, si je veux rendre visite à une amie mais que je n'ai pas sa réponse, je ne peux ni décider si je reste, ni acheter des billets pour un concert, ni décider quoi porter. Est-ce que je passe la nuit chez elle ? Le lendemain, y a-t-il un rendez-vous pour lequel j'ai besoin d'autres vêtements ? Quel sac conviendrait alors ? La tenue convient-elle pour le trajet à vélo jusqu'à la gare ? Faute de sac, devrais-je prendre le bus, et est-ce que je supporterais la surcharge sensorielle ? Et s'il pleut ? Chacune de ces options nécessite des préparatifs différents. Ces réactions en chaîne me submergent souvent tellement que j'annule ou que je me retrouve en larmes sur le canapé. Tout ça, et bien plus encore, est alors résumé par cette seule phrase : « Je ne suis pas douée pour gérer les données. » 

Les deux faces d'une même pièce 

Ce qui vire au cauchemar avec la gestion des rendez-vous et le quotidien est en réalité le super-pouvoir de mon cerveau. Je reconnais les corrélations et les interdépendances à vitesse grand V. Je vois des modèles et je vois immédiatement plusieurs pistes de solution là où la plupart ne remarquent même pas qu'il y a un problème. C'est super, mais comme cette compétence m'est rarement vraiment reconnue, mes objections et mes suggestions tombent souvent à l'eau, inaperçues. 

Mon système de soutien personnel 

Je me suis constitué une cellule de crise avec des personnes de confiance que je peux appeler à tout moment. Ils demandent ce qui me bloque, proposent une solution, et souvent, je suis de nouveau opérationnelle en quelques secondes. De plus, je découpe mes tâches par petites étapes. Au lieu de « faire les courses », il est écrit : « faire la liste, planifier les durées, visualiser le déroulement, faire les courses, ranger les courses ». Quand c'est trop, je répartis les tâches sur plusieurs jours ; parfois je commence simplement par ouvrir un document et le laisser ouvert, afin que l'obstacle soit moindre le lendemain. J'utilise la musique pour stimuler ma dopamine, je prends une faible dose de Ritaline, je demande activement de l'aide, je pose des questions concrètes, j'identifie mes besoins cachés, j'intègre suffisamment de zones tampons, je médite, je fais du yoga, je prends des suppléments, et j'ai investi beaucoup de temps, d'argent et d'énergie dans mon estime de soi. Car en réalité, les plus grands problèmes du TDAH ne sont pas la différence de câblage neurologique, mais les réactions de l'environnement à cela, et les atteintes qu'elles infligent en conséquence à sa propre auto-efficacité. 

L'autodiscipline en pleine conscience ou « Mindful Self-Discipline » 

S'il y a une approche que je veux transmettre aux autres, c'est l'autodiscipline en pleine conscience. Il ne s'agit pas de se pousser ou de se punir, mais de créer de minuscules routines positives et fixes qui vous font avancer même lorsque votre cerveau est déconnecté. La question « Comment mon système y parviendrait ? » est plus utile que « Comment on fait ça d'habitude ? » Et le plus important est de faire autant que possible ce qui active votre motivation intrinsèque. 

De la structure plutôt que de la honte 

Mes bonnes pratiques sont l'accumulation d'habitudes ou « Habit stacking », la création de plans B et le fait de tout sortir de ma tête pour le mettre sur papier. Souvent, le problème n'est pas l'incapacité, mais la surcharge due à trop d'options, d'interdépendances et d'incertitudes. Cela vaut pour moi comme pour mes clients. Derrière cela se cache généralement une pile désordonnée de tâches, de choses à faire, de souhaits et d'obligations en désordre. Si la peur, la honte et la paralysie qui en résultent sont identifiées, il s'agit en réalité simplement de gestion de projet à petite échelle. 

Ondine Riesen, titulaire d'une licence en sciences sociales (lic. rer. soc.), est coach, mentore d'entreprise et cofondatrice de Ting.community. 
Elle considère la neurodivergence comme l'une des plus grandes ressources inexploitées pour l'innovation sociétale et met à profit sa pensée associative et latérale au service du développement des individus et des organisations. Elle a reçu son diagnostic de TDAH à l'âge de 27 ans.